Pierre SÉRIÉ

Membre du bureau et trésorier de l’APAHAU (Association des Professionnels d’Archéologie et d’Histoire de l’Art à l’Université) depuis 2013
Pensionnaire Focillon à Yale University (New Haven, Connecticut), 2013
Membre de la CRPS (Commission Régionale du Patrimoine et des Sites) de la région Auvergne depuis 2014
Membre de la CDOM (Commission Départementale des Objets Mobiliers) du département du Puy-de-Dôme depuis 2014
Trésorier de la revue Histoire de l’art depuis 2015

Thématiques de recherche

- La question des genres et de leur hiérarchie
La crise du sujet dans l’art à partir de 1860 induit la disparition supposée du « Grand Genre » : la peinture d’histoire. Effectivement sur la brèche, les adeptes déclarés d’une vision hiérarchisée de l’art (majeur/mineur, peinture d’histoire/peinture de genre) tentent de renouveler la hiérarchie des genres soit sur le mode traditionnel de la « peinture d’histoire » (Gustave Moreau), soit sur le mode plus prospectif de la « peinture décorative » (Paul Baudry, Puvis de Chavannes). « Peinture décorative », « peinture monumentale », « peinture murale » ou tout simplement « décor », chacune de ces expressions désigne, explicitement ou non, la croyance en la résilience d’un grand genre qui constitue, depuis Puvis de Chavannes en 1861 jusqu’à Albert Gleizes à l’Exposition internationale de 1937, un des fils conducteurs de la création picturale d’alors, fil conducteur encore largement sous-évalué.

- Les interférences entre le fait pictural et la scène
Le « temps des spectacles oculaires » advenu autour de 1820-1840 (pour paraphraser Théophile Gautier), pour que le public adhère encore au tableau de chevalet narratif, il convient de le réinventer. La concurrence de formes de productions visuelles savantes (mise en scène de l’Académie de musique et du Théâtre-Français) ou non (mélodrame des théâtres secondaires, diorama, panorama, cirques, etc.) suscite, chez le peintre, des questionnements d’ordre autant formels (construction, rapport figure/fond, gestuelle des figures) que « littéraires » (question du sujet, découverte de « moments » spécifiques à la représentation picturale). Le problème de la frontière entre les arts soulevé par Lessing dès 1766 n’aura jamais autant occupé les esprits qu’au XIXe siècle, à un moment où l’on retrouve la notion de « tableau » aussi bien sur scène que sur chevalet. La place du visuel dans le spectacle (décors, costumes) ; cette notion de « tableau » ; l’étude du corpus de livrets de mise en scène des opéras et opéras-comiques français de 1825 à 1920, voilà autant de chantiers à développer en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane (Centre de musique romantique française à Venise) et le Centre national du Costume de scène (à Moulins).

- Les institutions ayant partie liée avec la création artistique dans le dernier tiers du XIXe siècle, spécialement la Société des artistes français

- Modernité et antimodernité, 1863-1940 en partant de la définition baudelairienne de l’art selon laquelle la modernité n’en constitue que la moitié, l’autre étant « l’éternel et l’immuable » (voir Le Peintre de la vie moderne ou le poème La Beauté), étudier les aller-retour des artistes de leur posture initiale de la tabula rasa au retour, dans un second temps, à la tradition, à ce que Maurice Denis appelait les « invariants plastiques ». Cette « schizophrénie » est constitutive de l’identité des acteurs des avant-gardes historiques entre 1863 et 1940 chez qui la « révolution » (renversement de ce qui est) se meut généralement en « révolution » au sens premier du terme (retour au point de départ, nostalgie des « origines »). Cette approche entend renouveler, à l’heure de la « post-modernité », le discours de l’historiographie qui n’a, jusqu’à très récemment, retenu dans son discours « finaliste » que les débuts de carrière quitte à réduire le corpus des artistes en question à la portion congrue (le cas de Derain est, à cet égard, emblématique).

Publications

- OUVRAGES INDIVIDUELS

  • Joseph Blanc (1846-1904), peintre d’histoire et décorateur, Paris : Ecole du Louvre-Réunion des musées nationaux, 2008, 306 pages.
  • La Peinture d’histoire en France (1860-1900), la lyre ou le poignard, Paris : Arthena, 2014, 592 pages

- PARTICIPATIONS : ARTICLES SCIENTIFIQUES

  • « Du modèle à la muse. Les peintres de figure sous le patronage de Phryné (1861-1901) », dans L’Artiste et sa muse, sous la direction de Christiane Dotal & Alexandre Dratwicki, Paris : Somogy, 2006, p. 19-42
  • «  La peinture d’histoire et son public (1867-1900) : le savoir et sa transmission relayés par la critique d’art », dans La Mesure du savoir, études sur l’appréciation et l’évaluation des savoirs, sous la direction de Frédéric Gabriel & Pascale Hummel, Paris : Philologicum, 2007, p. 445-458
  • « D’un Duc de Guise à l’autre : Delaroche et Onslow en rupture avec les catégories génériques autour de 1835 », George Onslow, un “romantique” entre France et Allemagne, sous la direction de Viviane Niaux, Lyon : Symétrie, 2010, p. 333-348
  • « Désunion entre les arts ? Le grand prix de Rome en peinture et en musique, 1803-1900 », Le Prix de Rome de musique, sous la direction d’Alexandre Dratwicki & Julia Lu, Lyon : Symétrie, 2011, p. 719-735
  • « Tableaux sur scène et sur toile, Paris 1850-1890 », Histoire de l’art, n° 69, octobre 2011, p. 57-66
  • « Ciceri et le fantastique à l’Opéra : quand le décor devient une manière de tableau de chevalet », Le Surnaturel sur la scène lyrique, du merveilleux baroque au fantastique romantique, sous la direction d’Alexandre Dratwicki & Agnès Terrier, Lyon : Symétrie, 2012, p. 211-225
  • « Pour une introduction à la dimension visuelle d’une représentation à l’Académie nationale de musique au XIXe siècle : le concept de Tableau », L’Art officiel dans la France musicale du XIXe siècle, sous la direction d’Alexandre Dratwicki & Agnès Terrier, Lyon : Symétrie (à paraître en 2013)
  • « Theatricality versus anti-theatricality : narrative techniques in history painting (1850-1900) », Poussin to Picasso : Narrative and Painting in France sous la direction de Peter Cooke & Nina Lübbren, Aldershot-Burlington : Ashgate (à paraître en 2013)
  • « L’oreille regarde : jusqu’où le décor peut-il ne pas aller trop loin ? Ciceri et La Muette de Portici », Le Grand Opéra : un genre et un modèle, sous la direction d’Alexandre Dratwicki & Agnès Terrier, Lyon : Symétrie (à paraître en 2013)
  • « Moreau/Berlioz : joutes de lyres autour d’Orphée, œil contre oreille », D’un Orphée l’autre, sous la direction d’Alban Ramaut & Pierre Saby, Saint-Étienne : Presses universitaires de Saint-Étienne, 2014, p. 263-279
  • « L’invention de langages décoratifs dans le tableau de chevalet : constat et incidences sur le devenir de la peinture en général », L’Atelier, n° 8, 2013, p. 16-24
  • « Rendre le tableau vivant, “désempailler” la peinture d’histoire autour de 1880 », Le Tableau vivant ou l’image performée, sous la direction de Julie Ramos & Caroline Van Eck, Paris : INHA, 2014, p. 199-212
  • « Du sang sur les marches, peindre l’histoire après Salammbô », dans Salammbô et les arts, sous la direction de Gisèle Séginger (à paraître en 2016)
  • « New York troisième Rome : pourquoi l’Amérique résista si longtemps à l’idée d’art moderne (1893-1935) », Revue de l’art (à paraître, mars 2016) »
  • « Faire l’histoire ou la peindre (1861-1898) », Romantisme, n° 169, 2015, p. 83-92
  • « Interférences du fait pictural avec la scène : le cas emblématique du final d’acte », L’Interprétation lyrique de la fin du XIXe au début du XXe siècle : du livret à la mise en scène, sous la direction d’Alexandre Dratwicki & Agnès Terrier, site internet du Palazetto Bru Zane – Centre de musique romantique française (à paraître en 2016)

- PUBLICATIONS : CONTRIBUTIONS DANS DES CATALOGUES D’EXPOSITION

  • « Participation au catalogue de l’exposition Maestà di Roma. D’Ingres à Degas, les artistes français à Rome, Milan : Electa, 2003, p. 376-377, p. 380-383, p. 400-402 et p. 515-516
  • Participation au catalogue de l’exposition Fernand Pelez, la parade des humbles, Paris : Paris-musées, 2009, p. 59-63 et p. 97-101
  • Participation au catalogue de l’exposition Péplum, « Jean-Léon Gérôme et les arènes : faire de la peinture le plus complet des spectacles oculaires », Lyon : Fage, 2012, p. 16-21
  • Participation au catalogue de l’exposition Dans la lumière de l’impressionnisme. Edouard Debat-Ponsan (1847-1913), Paris : Mare & Martin, 2014, p. 42-47

- COMMUNICATIONS SCIENTIFIQUES NON PUBLIÉES

  • Communication au 130e congrès annuel du CTHS, La Rochelle, 21 avril 2005, « Le voyage, nouvel élément moteur dans la formation artistique des jeunes peintres français : prix et bourses de l’administration des beaux-arts aux exposants du Salon (1874-1900) »
  • Communication au 131e congrès annuel du CTHS, Grenoble, 26 avril 2006, « Pour l’élaboration d’une peinture d’histoire “sociale” »
  • Communication à la Société de l’histoire de l’art français, séance du 7 mars 2009, « La mise en scène des grands formats historiques à la Société des artistes français, une réponse aux sécessionnistes de la Société nationale des beaux-arts (1891-1901) »
  • Communication à la journée d’étude Les Peintres aux prises avec le décor de la Renaissance à l’époque contemporaine, Clermont, CHEC, 18 mai 2010, « Bavardages sous la contrainte : décorer l’architecture Beaux-Arts »

- BOURSES ET PROJETS DE RECHERCHE

  • Lauréat de la bourse Focillon 2012 décernée par le Comité français d’histoire de l’art (CFHA), pensionnaire au département des French Studies de l’université de Yale (New Haven, Connecticut, septembre-novembre 2013) : « Anti-modernes et Nouveau Monde : la face cachée des relations franco-américaines (1919-1939) »

- TRAVAUX DE VULGARISATION

  • Participation au livre-disque Harem, les fêtes du seraïlles, « Orient – Occident », Ludi Musici, 2007, p. 5-13
  • Participation au livre-disque Sémiramis, tragédie-lyrique de Charles-Simon Catel, Paris, 1802, « Pourquoi la Sémiramis de Voltaire ? », Glossa : Heidelberg, 2012, p. 44-49
  • Participation au livre-disque Johann Christian Bach, Amadis de Gaule, « Introduction », « Argument et livret » et « Une réception ambiguë », San Lorenzo de El Escorial : 2012, p. 15-16, p. 24-30 et p. 47-50
  • Participation aux 19e Folles Journées de Nantes, 30 janvier-3 février 2013 (thème de l’année : La Musique française et espagnole de 1850 à nos jours)
  • Participation au livre-disque La Toison d’or, tragédie-lyrique de Johann Christoph Vogel, Paris, 1786, « Médée, ‘la’ personnification du théâtre lyrique », Glossa : Heidelberg, 2013, p. 40-47
  • Participation au livre-disque Paul Dukas, cantates, chœurs et musique symphonique, « Velléda, Sémélé, dernières hésitations de l’Institut avant le choix de la réaction », Ediciones Singulares : San Lorenzo del Escorial, 2015, p. 40-47

Contact

Pierre Serié
Pierre.SERIE@univ-bpclermont.fr