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Les nouveaux territoires diocésains de l’époque médiévale à nos jours

Les nouveaux territoires diocésains de l'époque médiévale à nos jours

Colloque Saint-Flour, 15 et 16 juin 2017
Appel à communications

Les nouveaux territoires diocésains
de l’époque médiévale à nos jours

Argumentaire pour appel à communications

Le 9 juillet 1317, le pape Jean XXII instaure de nouveaux diocèses dans le royaume de France. Ces créations s’effectuent par démembrement d’entités territoriales issues d’un lent processus de morphogenèse achevé au XIIIe siècle. Parmi ces territoires diocésains, on compte celui de Saint-Flour. Jusqu’alors le haut pays d’Auvergne relevait de l’autorité de l’évêque de Clermont. Pour autant, les frontières du diocèse actuel ne sont que pour partie les héritières de celles du XIVe siècle. La reconfiguration révolutionnaire et concordataire engagée à l’échelle du pays a redessiné à son tour la géographie ecclésiastique en s’appuyant sur les circonscriptions départementales. Le diocèse de Saint-Flour a englobé un temps la Haute-Loire, détachée ensuite pour former le diocèse du Puy. Ces mutations montrent que la fréquente continuité des dénominations de sièges épiscopaux n’est pas forcément permanence des territoires.
Dans cette perspective nous entendons porter la réflexion sur les dynamiques à l’œuvre dans les phases transitoires où des diocèses sont créés, redécoupés, absorbés ou disloqués. Cette approche prend place dans une historiographie qui s’emploie à considérer le diocèse comme un lieu spatialisé de représentations, de pratiques et de pouvoirs [1]. Nous serons particulièrement attentifs aux modalités de construction et de reconfiguration territoriales, ainsi qu’aux pratiques socio-spatiales qui nourrissent une identité. Nous poserons également la question de la pérennité de ces entités diocésaines, y compris dans le cadre des recompositions les plus récentes.
Le socle principal de cette enquête sera le diocèse de Saint-Flour, selon des visées comparatistes avec d’autres aires géographiques à l’échelle de la catholicité. En effet, on ne saurait envisager une telle rétrospective sans qu’elle ne soit liée étroitement à l’histoire du christianisme. Le choix d’une large temporalité, depuis l’époque médiévale jusqu’à nos jours, permettra également de caractériser les continuités et les ruptures.
Nous nous proposons donc d’explorer plusieurs thématiques selon les axes de recherche suivants :

1/ Les espaces
- à l’échelle d’un pays : phases de redécoupages d’ampleur (ex. Jean XXII au XIVe siècle ; Révolution française ; Allemagne ou Italie à l’époque contemporaine…) ; créations ex nihilo (Nouveaux Mondes : ex. Guadeloupe 1850, 1er évêque venant du diocèse de St-Flour…)
- à moyenne échelle : modalités de reconfiguration des (choix des limites…) ; (ré)organisation territoriale interne (paroisses, doyennés, archiprêtrés ; « zones », « secteurs »…)
- à l’échelle locale : nouvelles cités épiscopales (marqueurs matériels dans le paysage urbain, invention de nouveaux repères) ; gestion de la présence de hauts-lieux concurrents dans un diocèse (ex. : chef-lieu de diocèse et ville(s) importante(s) ou grand site de pèlerinage dans le même département : Saint-Flour et Aurillac, Tarbes et Lourdes…) ; gestion des pertes de statut diocésain

2/ Les acteurs
- gouvernance et administration en phase de transition territoriale (figures épiscopales, gouvernement diocésain, relations avec le Siège apostolique, l’Église de France et l’État…)
- (re)composition des réseaux (chapitres cathédraux, communautés religieuses…) ; conflictualité et conciliation (superposition du maillage clergé paroissial / aumôniers de mouvements de laïcs…) ; signes de continuité / de rupture (séminaires, congrégations diocésaines…)

3/ Les identités
- clergés et fidèles en prise avec de nouveaux repères territoriaux (représentations, pratiques d’appropriation)
- « invention de traditions », création de signes identitaires (culte et liturgie, sanctoral local et universel…)
- gestion de la mémoire (référence à la période de fondation : écrits, iconographies, éléments patrimoniaux, manifestations commémoratives…).

Sous la responsabilité de
• Stéphane Gomis, professeur d’histoire moderne
• Vincent Flauraud, maître de conférences d’histoire contemporaine Université Blaise-Pascal / Centre d’Histoire « Espaces et Cultures »

Comité scientifique
• Brigitte Basdevant-Gaudemet, professeur émérite de droit, Université Paris XI
• Damien Carraz, maître de conférences en histoire médiévale, Université Clermont Auvergne
• Gérard Cholvy, professeur émérite d’histoire contemporaine, Université Montpellier III
• Ignasi Fernandez-Terricabras, professeur agrégé d’histoire moderne, Universidad Autonoma Barcelona
• Joël Fouilleron, maître de conférences honoraire d’histoire moderne, Université Montpellier III
• Armand Jamme, directeur de recherche CNRS, médiéviste
• Philippe Martin, professeur d’histoire moderne, Université Lyon II
• Florian Mazel, professeur d’histoire médiévale, Université Rennes II, IUF
• Frédéric Meyer, professeur d’histoire moderne, Université Savoie Mont Blanc
• Feliciano Montero Garcia, professeur émérite d’histoire contemporaine, Université d’Alcala
• Paul Payan, maître de conférences d’histoire médiévale, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Les propositions de communication comprendront un titre, un résumé de 20 lignes maximum et une courte bio-bibliographie de 10 lignes maximum.

Date limite d’envoi des propositions : 20 décembre 2016
stephane.gomis@univ-bpclermont.fr
vincent.flauraud@univ-bpclermont.fr

[1] En référence à l’ouvrage dirigé par Gérald Chaix, Le diocèse. Espaces, représentations, pouvoirs. France, XVe-XXe siècle, Paris, Cerf, 2002, 445 p. Voir aussi Florian Mazel (dir.), L’espace du diocèse. Genèse d’un territoire dans l’Occident médiéval (Ve-XIIIe siècle), Rennes, PUR, 2013, 434 p., Anne Lunven, Du diocèse à la paroisse. Évêchés de Rennes, Dol et Alet/Saint-Malo (Ve-XIIIe siècle), Rennes, PUR, 2014, 432 p. et Florian Mazel, L’évêque et le territoire. L’invention médiévale de l’espace (Ve-XIIIe siècles), Paris, Seuil, 2016, 544 p.