Axe émergent : Circulation des hommes et des idées : histoire des connexions politiques et culturelles

Axe émergent : Circulation des hommes et des idées : histoire des connexions politiques et culturelles

Responsables : Jean-Philippe Luis et Karine Rance

Présentation

Dans la continuité des recherches menées au sein du CHEC sur la circulation des modèles politiques (axe 1 du dernier quadriennal) et dans celle des travaux du groupe de recherche « transnationalisation » (Friederike Spitzl-Dupic, Landry Charrier, Karine Rance), ce projet porte sur la circulation des hommes et des idées dans une perspective transfrontalière de l’antiquité à l’époque contemporaine. Il est centré sur l’espace européen mais avec des ouvertures – que nous souhaitons développer – sur l’Amérique, l’Afrique du nord et le Vietnam.

Cet axe réunira des chercheurs engagés dans des perspectives pour lesquelles la catégorie du national n’est pas nécessairement opératoire. Qu’on se situe dans un champ supra-national (comme les empires coloniaux) ou pré-national (de l’Antiquité à l’époque moderne), ou bien encore qu’on analyse un processus, comme les migrations, qui ne coïncide pas avec les cadres nationaux, la similitude des approches – au-delà de la diversité des aires culturelles – invite à confronter les problématiques, les interrogations et les méthodes. Il s’agira d’analyser la circulation des cultures politiques sous l’angle d’une histoire « connectée » (S. Subrahmanyam), à savoir celle des interactions, des communications et des réseaux, à différentes échelles.

L’objectif est d’éviter, autant que faire se peut, la segmentation nationale (autant que disciplinaire), tout en étant attentifs aux contextes spatio-temporels. Autrement dit, il n’est pas question d’écrire une histoire globale décontextualisée, mais d’inscrire nos analyses dans les réalités propres à chaque société, en tenant compte des liens de celle-ci avec d’autres sociétés partenaires et /ou concurrentes. Nous souhaiterions, dans la mesure du possible, nous affranchir d’un ethnocentrisme qui tend à rapporter les évolutions historiques au modèle occidental (Roger Chartier, 2001). L’Europe est notre terrain d’étude privilégié, toutefois, nous intégrerons dans certains de nos projets d’autres espaces, en particulier l’Afrique du nord et l’Amérique latine, au coeur du projet d’ANR Globiber (Le renouveau impérial des États ibériques : une globalisation originale ? (1820-1930), dont le CHEC (responsable J. P. Luis) est un des trois laboratoires français partenaires.

Les multiples approches régionales, voire locales, qui sont retenues dans le cadre de ce projet sont autant de voies d’accès à une réalité différenciée de la mondialisation. On ne postulera ni d’une globalisation homogène et généralisée ni de l’avènement d’un « village global ». On cherchera au contraire à comprendre les voies singulières des phénomènes de transnationalisation, à différentes échelles, à différentes époques. On ne renoncera pas à l’étude des transferts culturels qui, bien que totalement ancrés dans le cadre de la nation (et souvent restreints à des échanges bilatéraux), sont un instrument d’analyse de la transmission et des réemplois inventifs des objets matériels et immatériels. On s’intéressera aussi aux phénomènes de métissage (S. Gruzinski) ou d’hybridation (H. Bhabha), avec toutes les précautions à prendre à l’égard de ces concepts très polémiques pour ce qu’ils présupposent une culture originelle « pure ». L’idée est de dépasser une histoire comparée jugée par trop « morphologique » (M. Detienne, 2000). Ce type d’approche procède de la remise en cause de deux postulats : le premier est que l’État-nation est le contenant du processus social ; le second est qu’il y a correspondance entre le national et territoire national ; autrement dit que tout processus qui s’inscrit dans une institution ou un territoire national, relève du national. Saskia Sassen soutient au contraire qu’un phénomène local peut être une des localisations du global. Aucune échelle n’est donc à privilégier, depuis la micro-histoire jusqu’au niveau global, sous prétexte que le micro ferait perdre de vue le « lointain » (S. Gruzinski).

Notre projet présente trois orientations : les réseaux et associations d’étrangers ; la circulation et l’appropriation des idées politiques ; l’intégration de l’ennemi.

Effectif

Marie Bolton, MCF 11
Landry Charrier, MCF 12
Fabien Conord, PRAG
Pierre Cornu, MCF 22
Anne Dubet, PR 14
Laurent Lamoine, MCF 21
Stéphanie Maillot, MCF 21
Céline Pérol, MCF 21
Blaise Pichon, MCF 21
Natividad Planas, MCF 22
Nathalie Ponsard, MCF 22

- Membres associés

Jérémy Foa, docteur en histoire
Sabine Rousseau, Professeur agrégée
Friederike Spitzl-Dupic, PR 12
Nancy C. Unger, University of Santa Clara (Californie)

Séminaire annuel : Sources et pratiques de l’histoire connectée

Programme 2013/2014

21 octobre 2013 - MSH salle des thèses (220) Pierre ROUILLARD (CNRS, Paris) : Une dame entre archéologie et histoire : le buste d’Elche

4 novembre 2013 Atelier : lectures croisées – MSH salle 332

2 décembre 2013 (14h-18h) MSH - salle des thèses (220) Histoires du monde : enjeux et méthodes José Javier RUIZ IBAÑEZ (Murcia, Espagne) : Comment faire une histoire polycentrique ? Romain BERTRAND (CERI-Sciences Po, Paris) : Equité et étrangeté. Ecrire une histoire autre des situations de contact et de conquête (Insulinde et Philippines, XVIe-XVIIe siècles)

27 janvier 2014 Atelier - MSH salle 332

24 mars 2014 – MSH salle 332 Jocelyne DAKHLIA (EHESS, Paris) : Les paradoxes d’une Méditerranée connectée

7 avril 2014 – MSH salle 332 Bernhard STRUCK (St Andrews, Ecosse) : Reform, Revolution, Entanglements between France and Germany around 1800. Periodisation and spaces in transnational perspective

Mai 2014 (date à préciser) Lynn HUNT (UCLA, Etats-Unis) : Révolution française et histoire globale

Le séminaire a lieu de 14h15 à 16h15 sauf mention contraire - Maison des Sciences de l’Homme, 4 rue Ledru Clermont-Ferrand