GLOBIBER

Programme retenu par l’Agence Nationale de la Recherche lors de son appel à projet thématique "Les Suds, aujourd’hui. II" 2010.
Le CHEC est laboratoire partenaire.

Ce projet issu de l’appel à projet ANR « Les Sud aujourd’hui » associe fortement des chercheurs appartenant aux anciens espaces colonisés (Maroc, Brésil, Cuba, Philippines) et devrait permettre une meilleure compréhension de certaines phénomènes communs (faiblesse de l’Etat, structuration des sociétés civiles, nature de l’antiétatisme) aux états de l’ancien espace impérial ibérique.

Descriptif

L’Espagne et le Portugal furent sous l’Ancien Régime des « monarchies impériales » par excellence. Si la nature des relations entretenues dans la « monarchie impériale » est bien remise en question par l’épisode des indépendances, il serait naïf de considérer que ces dernières ont brisé les réseaux et les circulations à l’échelle globale, ou ont abattu les courants sociaux qui, pendant trois siècles, ont fait l’empire.
De son côté, la nation espagnole à construire à partir des années 1830 ne s’est pas limitée à ses seuls horizons péninsulaires : c’est le principe que la Constitution de Cadix, en 1812 avait largement défendu en définissant la nation comme la réunion de deux hémisphères, américain et européen.
La volonté de participation à l’empire demeure un ciment primordial, notamment à l’échelle régionale, et la fonction de l’empire comme berceau d’une nouvelle identité collective ne cesse de croître tout au long du XIXe siècle. Des liens puissants irriguant cet espace hispanique persistent : la force des courants migratoires, l’intensité des relations économiques et financières, l’importance des liens religieux et linguistiques, la vivacité de la circulation des savoirs et des élites intellectuelles.

Objectifs

- Il s’agit tout d’abord d’interroger la notion d’État impérial.
L’Etat n’est en général appréhendé que dans sa dimension nationale, comme si l’Etat-nation devait être le patron normatif de toute réflexion. Or, la dimension globale - c’est-à-dire impériale dans le vocabulaire de l’époque - montre que la construction de l’Etat libéral s’effectue dans un jeu de tensions complexes entre l’échelle locale/régionale, la dimension nationale et la dimension supranationale.

- Il s’agit ensuite de questionner le préjugé généralement admis de la faiblesse des États impériaux et de montrer que les compétences de protection et de régulation sociale sont ici assumées par des parties de la société civile qui prétendent incarner le bien public (sociétés professionnelles, les chambres de commerce, les entreprises, les municipalités, l’Eglise...).
Le problème qui se pose n’est pas tant la faiblesse de l’Etat que son mode d’articulation à la société civile qui lui dispute une prérogative lui étant généralement dévolue ailleurs. C’est à ce contact que se noue un conflit pour l’appropriation d’un bien public à définir.

Programme de travail

La question de l’Etat impérial se décline en trois pôles qui ont chacun un programme de travail :

- l’État impérial et ses agents coordonné par Jean-Philippe Luis pour le CHEC

- l’interface avec une société civile globale coordonné par Xavier Huetz de Lemps pour le Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine (CMMC)

- les comportements face à l’État : acceptations et refus.Coordonné par François Godicheau pour AMERIBER (Amérique Latine, Pays Ibériques).

La coordination globale du projet est assurée par Stéphane Michonneau de la Casa de Velázquez

Partenaires institutionnels

Contact

Jean-Philippe Luis
CHEC, 4 rue ledru, 63057 Clermont-Fd Cedex 1
Tèl. : 04 73 34 68 48
Fax : 04 73 34 68 50
J-Philippe.LUIS@univ-bpclermont.fr